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La social mum, ou pourquoi je déteste les groupes de parents

2 February 2017

 

Avoir un enfant est un gigantesque terrain d’étude sociologique. Depuis la naissance de mon fils, je me fait la reflexion au moins une fois par jour “si j’étais encore étudiante, j’écrirais mon mémoire sur la social mum “. Je vous explique.

L’autre jour, je suis allée à ma première séance parents-enfants, ok soyons honnêtes : maman-bébés. Naïve, je voyais la chose comme un moment cool pour aller voir La La land avec mignon en buvant un ginger Ale. Naïve, le mot est petit, j’ai découvert en fait un monde parallèle : une communauté de mamans.

En arrivant à Londres, j’ai habité 2 ans dans un quartier très vivant, populaire, central, mais pas très adapté aux familles : pas de parcs, ni de sacro saintes aires de jeux. Et j’ai déménagé par hasard dans un quartier un peu plus loin, vraiment mignon avec des boutiques, des restaurants, un immense parc et des trottoirs larges (oui un jour, tu dois penser à la taille du trottoir).

Enceinte jusqu’aux yeux, une femme m’avait alors abordé dans une boutique pour me féliciter (sympa), et me dire que j’avais bien choisi le quartier qui avait une “super communauté pour les jeunes parents”, et d’ailleurs ils avaient un groupe Facebook pour discuter. Moi, je pensais surtout à ma communauté personnelle “matcha latte et brownie du café du coin”, mais ma mère m’a tout de suite dit “Ca peut être pratique”. Mes parents étaient plutôt du genre à venir à la sortie scolaire en tirant à pile ou face au bout du 10e rappel, et encore on déménageait avant (je suis sure qu’ils faisaient exprès), alors les communautés de parents…

Bref, mon monsieur et moi avons rejoint le fameux groupe Facebook de parents du quartier (sait on jamais), et comme je suis polie je me suis présentée. Ca se faisait vachement dans les forums gothiques que je fréquentais en 2001. Et là, j’ai reçu dans les 5 minutes le message d’une future maman, qui allait accoucher en même temps que moi, et me proposait de se rencontrer.

Panique à bord, pourquoi ? Mais comme je suis avide de nouvelles expériences, et que personne ne m’en pensait pas capable, j’ai décidé de dire oui. Je me suis donc retrouvée coincée dans un groupe WhatsApp avec 3 autres futures mamans qu’elle avait convié (casté) pour un café.

J’ai failli annuler 3 fois avant de me motiver. Je suis plutôt solitaire, mais super sociable. Je n’ai aucun soucis pour prendre la parole en public, c’est même mon métier, ou rencontrer des inconnus, mais je déteste le phénomène du groupe, surement un mauvais souvenir des années collège (ou années de misère sociale, au choix).

Me voilà donc dans un Starbucks avec 3 femmes aussi enceintes que moi, le tout animé par cette fameuse social-mama. Accrochée à mon matcha latte, je fais connaissance d’une autre maman aussi gauche que moi, pas anglo-saxonne (ça aide), qui avait l’air de détonner dans le paysage codifié de ce genre de rencontre. Un moment finalement pas si mal.

Tout ce petit monde continue donc d’échanger un peu sur WhatsApp (à ce titre, on peut se préparer à beaucoup de choses, mais la conversation à plusieurs sur W’app est dans mon top 3 de l’angoisse), parlons de la livraison de nos paquets respectifs ou échangeons sur le post-partum (hé…).

La super social mum, elle accouche en 3h chrono, se promène dans le parc 2 jours après la livraison, n’a pas vécu de post-partum à part je cite “2 migraines”, et sans respect pour son périnée elle fait même un footing au bout de 4 semaines. Bref, tu vois le genre.

Une fois, j’ai eu le malheur de taguer ma première sortie au parc sur Instagram, et la social mum a tout de suite réagi “J’y vais aussi, il faudrait que tu me préviennes la prochaine fois”. Je préfère marcher en écoutant Pantera ou même un livre audio en fait.

Et surtout, elle nous relance pour se faire un déjeuner, enfin surtout pour voir nos bébés. Bon, je vais éclaircir un point : j’ai des copines avec des enfants, mais on se connaissait “d’avant guerre”, et avons plein de points communs à part nos rejetons. C’est cool des copines mamans, tu peux échanger des tips, des anecdotes, mais on se parle aussi d’autres choses. Moi ces femmes, à un déjeuner, je ne me vois pas leur raconter grand chose de plus, et le social talk (spécialité anglo-saxonne), m’ennuie.

Mais, comme je suis bien éduquée (bisous Papa et Maman), je précise aux nanas que je vais aller au cinéma pour voir La La Land, et qui m’aime me suive. En fait, je ne suis pas si bien éduquée, mais croiser quelqu’un par hasard alors que l’on peut potentiellement se voir au même endroit me met mal à l’aise. Evidemment la social mum aussi allait au cinéma, oui, parce qu’elle va à TOUS les événements de mamans, et elle “voulait voir mon fils” (décidément). Vendu!

Le lundi matin devant le ciné avec Jim (mon enfant à un prénom), je lui envoie un SMS pour lui dire que l’attend à l’intérieur. Polie, j’arrive, m’installe, lui garde une place (retenez bien), et une armée de poussettes et rejetons plus ou moins contents débarque.

Prévoyante, je commence à nouer mon écharpe de portage pour y mettre mon fiston, et là une rangée de mamans me fixe et chuchote, une d’entre elles me voyant amusée-agacée me dit “Ca à l’air comfy”. Menteuse. Techniquement je n’en sais rien, je ne me fait pas balader dans une écharpe au quotidien moi.

Une femme m’accoste “Vous êtes seule? Non? Ca vous dérangerait de vous pousser d’un siège, j’aimerais que mes amies puissent s’assoir à côté de moi”. Et, 3 mamans me regardent de haut en bas avec une pancarte “Elle est seule”, en attendant ma réponse. Je capitule, toujours trop polie.

La social mum arrive, et part discuter avec un groupe de femmes. Je découvre qu’elle connait tout le monde, évidemment. En attendant, j’en profite pour sortir un biberon et nourrir l’ogre, et provoque le regard exaspéré de toutes les femmes allaitantes (80% de l’assemblée, je le découvrirais ensuite).

Polie (ça me perdra), je vais donc saluer la social mum, qui me présente à tout son petit groupe, et me dit “on parlait d’allergies alimentaires” et là, 4 paires d’yeux me regardent en attendant une réaction. Dieu merci, je suis intolérante au gluten, qui m’a permis de faire une entrée correcte.

J’explique à la social mum que je lui ai gardé une place (bien au milieu devant l’écran), elle me dit qu’elle va s’assoir à côté de ses copines, à l’extrémité, ben oui logique. Je ravale un fou rire, j’ai 15 ans, je suis de nouveau la gothique qui a tenté de faire un effort au collège pour être sympa. Meilleur moment pour prétexter un changement de couche et fuir la situation.

Le film démarre, je vois une armée de têtes chauves fascinée par le film et la musique, mon fiston qui se comporte comme un pro, roupille ou gigote sur mon ventre. Un joli moment. Sauf que fiston, précieux du postérieur, réclame une couche propre, je fais donc un aller retour, en profite pour coincer la anse de mon sac dans la poignée de la porte (Pierre Richard), et croise le regard de la social mum et ses copines, encore.

La séance terminée, je vais dire au revoir à la social mum qui me dit “A jeudi matin pour le café ?” Bof.

Le jeudi matin, elle va à un café “femmes enceinte et mamans” au bout de ma rue. Moi, je prend mon café seule avec mignon en écoutant France Info, je lui explique le Penelope Gate ou la dernière de Donald Trump, il me répond des areuhs, c’est notre rituel. Je préfère nos conversations approximatives plutôt que de me cogner les douleurs ligamentaires et les accouchements physiologiques d’une dizaine de mamans.

Plus tard dans la journée, je vois une femme poster un message sur le groupe Facebook des parents du quartier : elle est mère au foyer, et souhaiterait rencontrer d’autres mamans pour ne pas rester seule toute la journée. Et là, devinez qui répond dans la seconde pour lui proposer un verre ? LA SOCIAL MUM, qui je cite “est toujours partante pour faire quelque chose”. Evidemment, une nouvelle prise dans ses filets.

S’en suit plein de réponses d’autres social mums : elles vont le lundi au cinéma, le mardi à la bibliothèque, le mercredi à l’éveil musical, le jeudi au café… Parfois elles vont même boire un verre de vin l’après midi pour s’encanailler (misère). Moi j’ai un peu de dignité et de savoir vivre pour ouvrir une bouteille de rouge qui tâche … à partir de 18H30 seulement. La social mum travaille d’ailleurs sur une liste de toutes les classes pour bébé du quartier (pour vrai).

Je découvre donc un monde parallèle : la communauté de mamans. Ces femmes se réunissent, font des choses ensemble avec leurs mouflets, se regardent, se comparent, font semblant de se trouver des points communs, peut être l’ennui ? Et je me demande comment elles font d’ailleurs pour s’ennuyer.

La jeune recrue a du elle aussi se retrouver dans un groupe WhatsApp de mamans, qui se réunira surement pour un déjeuner, un café ou pour les plus délurées, une part de gâteau.

Dans mon groupe WhatsApp à moi, c’est la guerre du “ma thérapeute du périnée est mieux que la tienne”. J’abandonne, tout ça n’est vraiment pas définitivement pas fait pour moi.

Je prétexterais surement un mensonge de dernière minute pour ne jamais aller déjeuner avec ces mamans et pour éviter de parler couches et éveil musical. Je me rend compte que j’ai 30 ans, ma vie, mes amies, et pas envie de me forcer à rentrer dans une communauté uniquement parce que j’ai eu un enfant.

Mes meilleures amies n’ont pas d’enfants, et on continue de parler de tout, comme avant. Avoir un enfant n’est pas un point commun pour démarrer une amitié, et je ne veux pas me forcer à rentrer dans le moule pour faire comme tout le monde. Je n’ai jamais fait et ne sait pas faire, et c’est peut être ça qui m’a suffisamment donné suffisamment confiance en moi pour fuir ce phénomène du groupe et ses codes, qui m’ont toujours beaucoup stressée. A 15 ans ça m’angoissait, à 30 ans j’en rigole bruyamment.

Alors je serais surement celle qui ne connait personne au cinéma du lundi, celle qui va reprendre le boulot dans quelques semaines à peine, ou celle qui n’a pas envie que ses conversations avec les copines tournent uniquement autour du bébé, mais je ne deviendrait pas la social mum.

 

La social mum, c’est finalement une des Mean Girls du collège qui a eu un bébé et continue de régner sur sa petite communauté. 

 

 

 

 

Des anecdotes ou réactions sur les social mums ? Racontez moi tout! 

 

 

Crédit image illustration : Buzzfeed + film Mean Girls

 

 

 

 

 

Maternité

Tout ce que j’aurais voulu savoir sur le post partum

27 January 2017

 

Enceinte, je me souviens avoir trouvé des tas de conseils sur l’accouchement ou sur la grossesse en général, mais rien sur le post partum. Quand on parle de post-partum, on pense souvent à la dépression post-partum, mais très peu aux suites de couches. Il existe une espèce d’omerta entre les mères sur cet “après” : douleurs, fatigue, corps qui change, comment savoir si tout cela est normal?

On peut expliquer ce silence par le fait de ne pas vouloir effrayer les futures mamans, entretenir le mythe de la mère qui sort de la maternité façon Kate Middleton, prête à affronter les couches et les biberons, mais la réalité est souvent différente. Il existe un 4e trimestre de grossesse, où le corps récupère doucement de tous ces chamboulements plus ou moins violents vécu pendant 9 mois. Jamais, une sage femme en Angleterre ne m’a parlé des douleurs de l’après accouchement, et pourtant l’expression “être passé sous un camion” est revenu dans la bouche de nombreuses mères avec qui j’ai pu discuter, preuve de la violence du choc.

Et pourtant, Internet est rempli de forums sur le post-partum, où des milliers de femmes perdues se demandent conseil sur une poitrine douloureuse ou une cicatrice qui fait mal. Dans mon cas, je n’ai bénéficié d’aucune information sur le suivi post-partum, aucun traitement, et aucun soutien de la part de l’hôpital et des sages-femmes. Il a fallu aller chercher l’information ailleurs, et trouver un gynécologue compétent pour m’aiguiller. En cas d’accouchement difficile, d’épisiotomie ou de césarienne, les soins font partie d’un protocole post-opératoire et les femmes partent sans informations sur ce qui leur a été fait durant l’accouchement, et comment gérer la cicatrisation. J’ai ressenti une colère immense face à mon état, et la réaction des sages-femmes : non ce ne sont pas des actes anodins, et les femmes devraient être informées et épaulées pour démarrer leur vie de mère dans la sérénité.

De nombreuses femmes se sentent ainsi flouées et l’atterrissage semble bien rude après 9 mois où tout le monde a pris soin de vous. Aussitôt l’accouchement fini, c’est le souvent le néant de la part du corps médical : vous avez donné vie, vous êtes chargée d’âme et serrez les dents pour le reste. Et la jolie phrase “on oublie toutes les douleurs quand on tient son enfant dans les bras”, est un peu légère : en réalité on esquisse un sourire crispé pour ne pas réveiller une suture.

Si cette période peut s’avérer compliquée à gérer, tant au niveau émotionnel que physique, il existe des astuces pour mieux la vivre. Du recul, de l’humour et quelques conseils pratiques vous aiderons à vous préparer au grand débarquement!

 

 

Tout s’apprend!

Couches, biberons, nettoyage du cordon, bain, tout s’apprend! J’utiliserais une expression anglaise pour expliquer l’apprentissage des soins d’un nourrisson : learn as you go! Alors oui au début, mettre un pyjama et un body (je ne savais pas qu’un bébé devait porter les deux…) peut mettre 15 minutes, on réussi parfois à mettre la couche à l’envers, mais rassurez vous, il suffit d’un peu d’entrainement pour passer en mode experte!

En Angleterre, les sages-femmes subissent un tel sous effectif, qu’aucune aide n’est proposé pour apprendre les soins du quotidien. Si vous êtes dans ce cas, appuyez vous sur une personne de votre famille, ou des amis déjà parents qui seront surement ravis de vous aider les premiers jours!

 

Ca ne s’arrêtera jamais ?

Non. Un jour,  il / elle reviendra à minuit sur le scooter d’un copain en sentant la cigarette qui fait rire. Quand on devient parent, c’est pour la vie!

Mais les premiers jours sont extrêmement fatiguant, ce n’est pas un mythe. Entre la fatigue des derniers jours de grossesse, le travail, l’accouchement, la maternité (6 h à 2 jours grand max au UK), on ressemble à un vieux sprinter en bout de course plutôt qu’une jeune maman épanouie.

Si vous pouvez, faites vous aider un maximum : votre compagnon/compagne est là, mais pourquoi pas une doula, la famille, les amies, une femme de ménage, un chien qui va chercher le courrier, mais des bras en plus!

Et n’hésitez pas à donner des indications sur ce qui vous serez utile : faire la cuisine, porter le bébé, ou ranger le capharnaüm (enfin le salon). La famille ou les amis, c’est aussi fait pour ça!

 

Visites ou pas visites ?

A vous de décider! Je n’ai pas voulu avoir des visites pendant plusieurs semaines, à part ma famille proche. Pareil pour les coups de téléphone pour raconter en détails l’accouchement. Avant de présenter bébé au monde et répondre aux questions, du repos pour digérer et récupérer de ses émotions est primordial. Pour être honnête, je n’ai toujours pas le temps de téléphoner à mes amies, et je ne culpabilise par pour autant : douche ou coup de fil à une copine ? Douche, un sandwich à la main.

Ne vous transformez pas en Bree Van der Kamp pour recevoir la foule et présenter le mignon, quelques jours de chemises de nuit et de chignon approximatif ça fait du bien aussi!

 

Top chef du congelé!

Pour se préparer à la sortie de la maternité, pensez à utiliser votre congélateur intelligemment. Le corps douloureux, pas vraiment de sommeil, c’est aussi moins de temps pour cuisiner (ou s’alimenter, à ce stade). L’astuce est de cuisiner des plats, mêmes tout simples, à l’avance et les placer au congélo en prévision du retour. Mon congélo ressemblait à Tetris entre les tuperwares et les padsicles mais quel bonheur immense de se faire réchauffer un plat maison en 5 minutes quand bébé fait une sieste.

 

Il existe plusieurs qualités de papier toilette

Fini l’insouciance de choisir son PQ au hasard dans le rayon, sans se soucier de sa qualité ou surtout de son épaisseur. Après l’accouchement et surtout en cas d’épisiotomie, le choix de papier toilette devient un art où l’économie n’est pas permise. Et comptez la consommation d’une famille nombreuse en période de grippe intestinale, uniquement pour votre petit postérieur délicat.

 

Finalement, on comprend l’utilité d’un bidet

Si comme moi vous n’avez jamais compris l’utilité du bidet : une douche ou un bain, mais pas un demi bain, attendez d’avoir accouché pour rêver d’un bidet. Le bain de siège c’est votre meilleur allié : dans l’eau tiède avec du gros sel, de l’huile essentielle de tea tree, de lavande ou de l’eau d’hammamélis. Il aide à une meilleur cicatrisation des points, calme les douleurs, et apaise la peau si fragile (et si malmenée) “du bas”. J’utilisais les sachets d’herbes et sels Earth Mama, avec un peu d’HE de lavande, un bonheur!

 

Le sujet tabou, le c***

En fait il n’existe aucun sujet tabou, ni aucune pudeur une fois que vous avez accouché. Si vous avez subi une épisiotomie, le premier passage à la selle peut être effrayant et douloureux. Pour éviter un énième bobo, plusieurs conseils : mangez des aliments forts en fibres, achetez des comprimés pour faciliter le transit, buvez beaucoup d’eau et surtout : pressez un gros morceau de papier toilette sur votre pubis en poussant … et tout ira bien!

 

 

 

L’épisiotomie n’est pas ton amie

On la redoute, on la déteste aussi, mais il existe quelques conseils pratiques pour apprendre à mieux vivre avec. Il faut savoir que les médecins parlent souvent de quelques jours de cicatrisation, mais pour beaucoup de femmes cela se compte en réalité en semaines surtout si l’accouchement a été instrumentalisé. Si la douleur est “normale”, trop souffrir ne l’est pas. Parlez en avec votre gynécologue ou sage femme, et n’hésitez pas à insister pour avoir un suivi en cas du moindre doute et obtenir des anti-douleurs. Rappelez vous qu’une épisiotomie n’est pas un acte chirurgical anodin (15% des femmes subissent une épisio au Royaume-Uni), et que le soin post-partum doit être minutieux.

Quelques conseils pour gérer l’après épisiotomie :

  • s’assoir sur un coussin bouée (ou un coussin de voyage) les premiers jours. Attention à ne rester assise trop longtemps pour ne pas provoquer d’oedèmes (et aie, les œdèmes).
  • lavez vous les mains avant (et après) d’aller aux toilettes pour éviter de mettre des bactéries sur le PQ.
  • essayer d’aérer la zone, en ne portant pas de sous-vêtements au moins 20 minutes par jour pour mieux cicatriser. Au lit, les fesses sur une serviette de toilettes par exemple!
  • utiliser une compresse glacée pour éviter les bleus et soulager la douleur. On peut en acheter toutes prêtes à l’emploi ou fabriquer des “padsicles” : prendre une serviette hygiénique de nuit sans parfum, vaporiser une cuillère à soupe d’eau d’hammamélis, 3 gouttes d’HE de lavande, et une cuillère à 1 cuillère à soupe de gel d’aloe vera, rouler la serviette, l’entourer de son emballage et la placer dans un sac de congélation, et direction le congelo. Croyez moi, si l’idée vous semble étrange c’est surement la chose la plus agréable qui arrivera à votre postérieur le premier jour : froid + hydratation. Recette en images!
  • La compresse préservatif : un préservatif rempli d’eau, au congélateur, et le tour est joué!
  • pour éviter les oedèmes, l’Extranase est un médicament naturel magique. Fabriqué à partir d’un enzyme issu de l’ananas, il évite de vilains bobos. On en trouve en pharmacie ou en boutique bio sous le nom de Bromelaine si vous habitez à l’étranger
  • les premiers pipis peuvent bruler, pensez à utiliser une petite bouteille de ce type (peri bottle) pour verser de l’eau tiède pendant la miction. Sinon, pipi sous la douche c’est pas mal aussi.
  • après la miction, on se nettoie avec un spray contenant de l’HE de tea tree, de lavande et de l’eau d’hammamélis, ou avec un spray prêt à l’emploi (le Earth Mama est génial). On tamponne ensuite dé-li-ca-te-ment, avec une gaze stérile ou du papier toilette (évitez les serviettes de toilettes ou gants).
  • ne vous forcez pas à marcher les premiers jours si l’épisiotomie est trop douloureuse. On me conseillait de prendre l’air, je suis donc sortie au bout d’une semaine pour un tour du quartier, fatale erreur! J’en garde un souvenir horrible, impossible de marcher, ni de m’assoir pour prendre un café. Ménagez vous, prenez le temps de récupérer. Il m’a fallu 3 semaines pour marcher 20 minutes maxi, avec des douleurs, et 6 semaines pour récupérer une complète mobilité. Certaines femmes se sentent prêtes en quelques jours, un conseil : écoutez vous!
  • s’assoir peut être douloureux pendant plusieurs semaines : n’hésitez pas à utiliser des coussins, ou privilégier votre canapé pendant quelques temps. Je sortais même avec mon coussin de voyage pour prendre le bus ou aller chez le coiffeur au bout d’un mois. Peu importe, si cela vous soulage, no shame!
  • pas de squats et encore moins de squats pour ramasser quelque chose avec bébé dans les bras.
  • n’ayez pas peur de prendre une glace pour regarder régulièrement votre épisio : premièrement on s’en fait une idée monstrueuse à cause de la douleur, mais cela est souvent beaucoup moins pire en regardant de plus près, et ensuite il est important de surveiller sa cicatrisation ou repérer tout soucis éventuel
  • une fois cicatrisée (mais oui, ça arrive un jour) pensez à masser la cicatrice avec de l’huile de rose musquée ou de l’huile de germe de blé avec une goutte d’HE de lavande. (EDIT : ou une huile pour périnée).
  • n’hésitez pas à en parler avec une amie qui est passée par là! J’ai reçu de meilleurs conseils par une amie qu’une sage femme… On vit toutes des moments compliqués avec une épisio, donc pas de fausse pudeur par pitié!
  • EDIT : ne pas hésiter à demander à votre sage-femme de faire sauter un point en cas de douleur, une épisiotomie trop serré peut être très douloureuse.

 

“Moi c’était pire”

Ou au contraire “moi tout allait parfaitement”. Ce qui m’a un peu chagriné avec les femmes qui ont accouché autour de moi, c’est qu’il existait un concours permanent du pire ou du meilleur post partum et finalement peu de soutien. Celle qui te conseille un tour au parc après 3 jours quand tu vis entre 2 poches de glace et un dérivé de morphine, ou l’autre qui t’explique en permanence qu’elle vit bien pire que toi (ventre découpé VS frifri coupé en deux, est ce nécessaire de comparer?). La douleur et surtout la douleur d’un post partum, ce n’est pas discutable.

Alors, oui aucune femme ne vit un rêve en sortant de la maternité, c’est souvent même un atterrissage sans parachute, mais c’est aussi un moment pour échanger des conseils sur ce qui peut aider pour mieux vivre ce moment. Mais arrêtons de faire des concours du pire ou du meilleur, un peu de bienveillance non?

 

Le sommeil, le nerf de la guerre

Oui, j’ai eu envie de gifler la 25e personne qui m’a dit “Profite surtout, après l’arrivée du bébé du va moins rigoler”, alors que j’étais enceinte de 9 mois, et que je ne pouvais rien faire à part : dormir devant un film japonais en VOST (je cherchais la sieste).

Mais il faut avouer que rare sont les bébés qui roupillent 6 heures d’un trait les premiers mois. Je me souviendrais toujours quand toute seule avec mon fiston la première nuit, j’ai dit au revoir à mes années de grasses mat (jusqu’à 9h30). Réveil toutes les 1H30 au début, 30 minutes pour le rendormir, pour ensuite se rendre compte que l’on est incapable de se rendormir sur commande ou pire une fois endormie : envie de faire un petit pipi.

Plusieurs techniques : alterner les biberons si vous n’allaitez pas avec votre compagnon/compagne, dormir dès qu’il dort (même la journée), ou faire semblant de dormir pour l’être aimé se lève à votre place (personne n’a jamais fait ça, personne).

Mais rassurez vous on apprend vite à dormir par phase de 3 heures, puis de 4h, et on applaudi en silence le jour ou par miracle (ou erreur) le poulbot décide de faire une nuit complète.

Les douleurs du post-partum et le manque de sommeil provoquent souvent des tensions dans le couple, alors gardez en tête que ce n’est qu’une courte période, et communiquez. Ou lancez vous des biberons dessus, mais vides, détail capital!

J’utilisais une tisane contre le spleen du post-partum, de chez Earth Mama , délicieuse mais surtout apaisante pour éviter de se sur-exciter au café.

 

Le ventre water-bed

Vous avez déjà dormi sur un lit à eau? Et bien, le ventre d’après accouchement ressemble un peu à ça : tout mou! Je vous rassure, cela revient en place tout naturellement, chaque corps à son rythme, mais la sensation est plutôt étonnante (ok, dégueu).

Mon conseil, ne rangez pas tout de suite vos vêtements de grossesse, comme les collants et les leggings pour bien gainer le ventre (n’ayant pas eu de césarienne, je ne peux pas conseiller sur le sujet).

Certaines aiment et conseillent le port d’une gaine pour retrouver un ventre plat, pour ma part je n’ai pas voulu m’imposer un énième effort, et mon ventre retrouve sa forme initiale tout naturellement.

 

Des feuilles de choux glacées sur la poitrine

J’avais lu que des feuilles de choux glacées sur la poitrine pouvait aider si on choisissait de ne pas allaiter. En réalité, ne tentez pas un énième DIY : il existe des traitements médicamenteux et homéopathiques (kit de soin Boiron) pour éviter les montées de laits et les douleurs associées. Parce que avoir mal en haut et en bas, mi-rigolo non?

 

Le régime à J+1, la fausse bonne idée

Alors oui, grande découverte, on grossi d’une dizaine de kilos (ou plus) pendant la grossesse. Mais sachez que le corps n’a pas fini de travailler à la sortie de la maternité. Même par curiosité, évitez de vous peser pendant les 2 premières semaines, et laissez vous le temps de reprendre des forces. Vous avez envie d’un joli carrot cake pour fêter l’arrivée du bébé ? Ne vous privez pas!

L’estomac va reprendre naturellement ses habitudes (comme manger pour 1 personne), le ventre doucement revenir à la normale, et votre corps finira par se réguler de lui même. Et croyez moi, pas de meilleur régime qu’un corps en carton,  des nuits trop courtes et des micro-repas entre 2 biberons.

Et avant d’entamer un body-bikini-challenge (rire gras), la rééducation du périnée est obligatoire sous peine de risquer la fuite urinaire en cas de fou rire!  Si comme moi, vous vivez à l’étranger, sachez que les physiothépeutes et kinés proposent ce service.

 

Le pipeau Instagram

Après mon accouchement, Instagram m’a proposé plein de comptes de mamans “musclées et organisées” à suivre. Mais oui, ces mamans qui ont des tablettes de chocolat après l’accouchement, des enfants sages sans tâches de lait, et un salon minimaliste toujours rangé.

Pour être honnête j’ai toujours beaucoup rigolé avec ça, parce que je trouve la réalité beaucoup plus touchante et rigolote (sauf quand tu glisses sur une couche), mais si le moral a tendance à être à la baisse, mieux vaut s’éloigner des réseaux sociaux quelques jours.

Une fois maman vous découvrirez le combat des mères “mon enfant apprécie l’art contemporain à 2 mois” ou “je lui fait écouter du mandarin depuis la naissance, c’est la langue de l’avenir dans les affaires”.

Le mien fait des arreuh, et adore me faire pipi (ou plus si affinité) dessus en me gratifiant d’un rire machiavélique, la vraie vie quoi.

 

Let’s talk about sex

Entre les suites de couches, les points de suture, la fatigue, le bébé qui dort à 50 cm du lit, l’envie de galipettes n’est pas tout de suite à l’ordre du jour. Mais là encore : écoutez votre corps, vos envies, et ne vous pressez pas si une appréhension subsiste. On entend souvent qu’il faudrait se forcer un peu pour relancer la machine, et je réponds mille fois NON. Communiquez et n’hésitez pas en parler avec votre gynécologue, mais ne transformez pas une appréhension légitime en traumatisme…

EDIT : Le lubrifiant (en quantité) peut aider à la reprise des galipettes! A ajouter dans vos caddies!

 

Et le césarienne ?

Vous avez du le comprendre, je n’ai pas accouché par césarienne, et je souhaite que cet article se base sur des conseils (vécus) et vérifiés, uniquement. Je répertorie vos conseils en commentaires ou via Twitter / FB / mails :

  • porter une gaine les premiers jours pour se déplacer plus facilement
  • marcher, même si c’est douloureux au début pour récupérer plus vite
  • se laver avec une infusion tiède de plante cicatrisante et anti inflammatoire (type matico, qui sert également aux poitrines congestionnées de lait)
  • masser la cicatrice avec une pommade de calendula pour éviter les adhérences
  • appliquer de la chaleur sèche sur la cicatrice (coussin de pépins de cerises)
  • porter des leggings si les pantalons appuient sur la cicatrice

 

Je compte sur vous pour poster en commentaires vos conseils pour récupérer plus facilement d’une césarienne, les produits à utiliser, pour que je puisse alimenter cet article!

 

 

Happy-end

Le post partum pourrait être comparable à un Mud Day un lendemain de cuite, c’est vrai. Mais toutes les femmes le vivent, et l’oublient doucement. Si les jours ou les semaines sont parfois longues avant de retrouver une vie normale, parlez, allez voir votre médecin aussi souvent que nécessaire, demandez conseil aux mamans confirmées, bref ne gardez rien pour vous!

Si le moral ne revient pas, confiez vous et demandez de l’aide à un psychologue, pareil si l’accouchement à été un peu compliqué et qu’un trauma se développe. Vous avez créé, porté, et donné la vie, et avez le droit à tout le respect et les attentions nécessaires.

Et bien évidemment, les beaux moments font rapidement la place aux souvenirs d’après guerre, c’est promis.

Il parait que ça se surmonte, certaines décident même d’avoir d’autres moufflets ensuite 😉

 

Vous avez des anecdotes, des conseils, des produits à recommander ? Partagez votre expérience en commentaire, et j’ajouterez votre recommandation dans l’article. Merci encore pour vos contributions si précieuses.

 

 

 

Illustrations libres de droit : Pixabay
Lifestyle, Maternité

Et puis j’ai changé de vie pour devenir maman

2 January 2017

Le 20 novembre 2016, j’ai changé de vie.

Il y a 6 semaines, j’ai sauté dans le vide sans filet de sécurité en devenant mère. Je pourrais vous faire le grand classique du “je l’ai aimé dès que mon regard à croisé le sien”, mais je suis bien trop cérébrale pour ça. Il faut toujours que je prenne de la distance sur mes émotions, la première chose à laquelle j’ai pensé a été “J’ai la responsabilité de ce petit être maintenant”. Et tout s’est accéléré : la peur, l’excitation, et surtout l’amour. Cette sensation d’avoir vécu la chose la plus extraordinaire de ma vie, et l’envie de photographier tous les gestes, les odeurs, les voix. J’aurais voulu capturer la première bouffée d’air qu’il a respiré.

Et il y a eu la suite, l’apprentissage des gestes pour prendre soin de cette petite personne. Celle qui ne connaissait rien aux nouveaux-nés voit désormais ses journées rythmées par les biberons, les couches ou la recherche de la meilleure tisane pour bébé.

On passe au-dessus de tout en devenant mère, la douleur si forte de l’après accouchement, la fatigue aussi. On apprend chaque jour à communiquer tous les deux, il m’apprend à devenir patiente face aux miaulements et à ses grands yeux éveillés alors que le soleil dort encore.

Il y a les cernes, le teint brouillé et le café froid du matin qui remplace les jolis petits déjeuners colorés, mais tout s’oublie instantément quand on aperçoit un sourire.

Moi qui suis si solitaire et indépendante, j’apprend à tout faire à deux, à m’adapter à son rythme. A ne pas pouvoir traverser Londres pour un thé chez Yumchaa, ou d’aller au yoga et déjeuner avec mon livre. Je crée une nouvelle routine avec mon mini, souvent endormi dans sa poussette : les promenades, les cafés, les courses ensemble, et le fait de l’avoir fait voyager avec moi pendant 9 mois semble l’avoir déjà habitué à mes escapades.

La carrieriste que je suis apprend pour la première fois à ne pas penser au travail pendant quelques mois pour se consacrer à la vie de famille, et bon sang que c’est bon! J’ai l’impression d’être devenue une Shiva moderne : être mère c’est toujours avoir plusieurs choses à faire, et souvent en même temps.

Je n’aurais jamais penser ressentir une émotion si forte en le voyant rassuré instantanément, la tête collée sur moi pour écouter les battements de mon coeur. Ca existe donc vraiment une telle connexion entre 2 êtres?

Le vieux couple construit maintenant une vie à 3 (5 avec nos deux matous), diner à tour de rôle, ou regarder un film en 3 parties, mais les fous-rires, la tendresse et tout l’amour que ce petit-être a apporté dans notre foyer est indescriptible.

Depuis sa naissance, j’ai gagné un profond respect  pour toutes les mères du monde, celles qui travaillent ou qui se consacrent à leurs enfants. En donnant la vie, on s’engage à élever des êtres humains bienveillants et sensibles. J’aimerais lui apprendre à être un homme respectueux des autres, qui n’a pas peur de livrer ses émotions.

J’ai hâte de lui apprendre à lire, le voir découvrir la musique avec son père, à écrire, à voyager ensemble, mais j’aimerais bloquer le temps pour qu’il reste minuscule et innocent. Il me donne envie d’apprendre des tonnes de choses pour lui transmettre ensuite.

Parfois je me demande si toutes les mères se posent autant de questions, où si mon habilité à retourner les émotions dans tous les sens me joue encore des tours.

Depuis le 20 novembre, j’ai l’impression de vivre sur une autre planète, j’ai fondé une famille, et c’est une monde magique.

 

 

 

 

 

Bien-être, Maternité, Yoga

Yoga prénatal : bienfaits sur la grossesse et l’accouchement

16 December 2016

Etre enceinte est une expérience assez incroyable, tout en portant la vie : le corps change, les hormones s’affolent, on passe facilement de l’état de plénitude à la panique et certaines douleurs peuvent venir entacher ce joli moment.

Durant toute ma grossesse, le yoga a été un précieux allié, non seulement pour accompagner les changement sereinement mais aussi préparer l’accouchement.

Et si il y a bien un moment de la vie où il ne faut se focaliser que sur soi et ses ressentis, c’est bien la grossesse. De mon côté, je n’ai pas voulu pratiquer de sport, alors que je fréquentais ma salle de sport presque tous les jours avant de tomber enceinte. Il m’avait été déconseillé de pratiquer une activité sportive (et même du yoga) pendant le premier trimestre par mon gynécologue et le fait d’être nauséeuse ne me donnait pas non plus envie de braver l’interdit. Au Royaume-Uni, les studios de yoga demandent aux femmes enceintes de pratiquer seulement après le premier trimestre.

Après 3 mois d’arrêt complet de sport et de yoga, je rêvais de retrouver le studio, mon tapis, et découvrir comment le yoga pouvait accompagner cette étape charnière de ma vie.

Il existe autant de sorte de yoga prénatal que de professeurs dans le domaine : yoga sportif, relaxant, axé sur la préparation à l’accouchement… Mon premier conseil serait de tester autant de cours possible pour trouver le cours qui vous correspondra parfaitement.

De mon côté, j’avais besoin d’un yoga assez dynamique, sans le côté “cheesy” du yoga prénatal, et la préparation à l’accouchement me semblait primordiale. J’ai même choisi de me baser principalement sur le yoga pour me préparer au jour J.

Un cours de yoga prénatal commence souvent par un “tour de table” pour se présenter, combien de semaines de grossesse, si on souffre d’un problème en particulier… Cela semble étrange et un peu intriguant au début, mais c’est un moment clef pour créer une petite communauté et apprendre aussi des bobos des autres. Comment soulager des pieds douloureux, des hanches qui tirent…

Petit tips pour bien choisir sa tenue, fuyez les leggings inconfortables avec une couture qui coupe le ventre, et privilégiez les matières douces. J’ai porté cette tenue en coton bio offerte par Décathlon pendant des semaines, super comfy et qui s’adapte du premier jour de la grossesse, jusqu’à l’accouchement (et les jours qui suivent)!  Tee shirt + leggings

 

Le cours est souvent décomposé entre pratique, exercices, et un long moment de relaxation ou méditation. Ce qui est passionnant, est que le yoga apprend à faire le lien entre le corps et le bébé. On ne sait pas toujours comment appréhender ce corps qui change, la sensation du bébé qui bouge dans le ventre, et parfois le fait de ne pas côtoyer d’autres femmes enceintes dans sa vie quotidienne.

Au départ, j’étais moi même agacée par ce côté “ghettoïsant” du yoga prénatal, car je démarrais à peine mon 2e trimestre, mon ventre n’était pas encore très voyant et je me sentais mal à l’aise avec toutes ces femmes. Cette sensation a complètement changé quelques semaines plus tard, où j’ai ressenti le besoin de venir chaque semaine, rencontrer d’autres femmes et me recentrer sur mon corps et ma pratique.

Le yoga m’a appris à lâcher prise, écouter mes sensations, me rencontrer sur cette vie qui grandissait en moi, et relâcher les tensions physiques comme mentales avec le stress du travail, la fatigue et les aléas du quotidiens.

Même si la musculature due à plusieurs années de sport m’a aidé à éviter les maux de dos ou jambes, je pense que le yoga a été un élément majeur pour accompagner mon corps dans ce changement. Il est indispensable de s’étirer, et quand on le peut pratiquer une activité physique durant sa grossesse. J’ai pratiqué jusqu’à la 39 semaine, avec un ventre énorme et 17 kilos au compteur (mon enfant est très costaud), et pourtant je ne souffrais pas de ce poids. Les femmes qui venaient au cours témoignaient toutes du fait que pratiquer régulièrement les aidaient à éviter les bobos habituels de la grossesse, rester active, et surtout sereine.

D’ailleurs j’ai pu remarquer que le “yoga buzz”, cette sensation de plénitude que l’on ressent après un cours de yoga est décuplée pendant la grossesse.

Et ses effets ne s’arrêtent pas là ! Pendant les cours, on apprend non seulement à se connecter avec son bébé, mais aussi à préparer en douceur l’accouchement, les contractions et appréhender la douleur.

Je pense sincèrement que je n’aurais jamais pu gérer mon accouchement long et compliqué (soyons honnêtes) si je n’avais pas pratiqué le yoga depuis plusieurs années, mais surtout le yoga prénatal.

J’ai appris à accepter les choses, faire confiance à mon corps, ne pas prévoir de joli plan de grossesse (qui s’avère souvent irréaliste), et appréhender sereinement la douleur.

Mon accouchement a duré près de 35 heures, 17 heures sans péridurale, avec jusqu’à la dernière minute un stress fort dû au rythme cardiaque du bébé qui ne faisait que baisser. Il a donc fallu gérer l’inconnu, le stress, la douleur, l’attente, je pense que tout cela a été possible grâce aux exercices de respirations que j’avais appris, mais aussi l’habilité à lâcher prise apprise pendant les cours.

Pendant toute la période des contractions, j’ai pu mettre en pratique les conseils comme: marcher, “sautiller” sur une yoga ball, souffler de manière progressive, me concentrer sur des vagues plutôt que des montées de douleurs ou imaginer des paysages idylliques à chaque fois que la douleur montait. Toutes ces techniques aident réellement à se plonger dans un état second (qui se rapproche de l’hypnobirthing) pour mieux vivre la douleur même sur une longue durée.

Le yoga aide aussi après l’accouchement, quand après 9 mois de grossesse et un accouchement parfois complexe, il faut aussi gérer l’arrivée du bébé qui ne demande que nous alors que la fatigue est intense. Grâce à la pratique prénatal, on apprend à gérer cette fatigue, ce stress et cette situation complètement nouvelle qui peut être source d’angoisse.

J’ai eu l’impression d’avoir appris énormément sur moi pendant ces 9 mois grâce au yoga, mais aussi à gérer les choses avec sérénité depuis l’arrivée de mon fils. Pour les personnes qui pratiquent le yoga depuis quelques années, la pratique est finalement moins physique mais beaucoup plus introspective et profonde. Une expérience que je conseille à toutes les femmes pour préparer l’arrivée du bébé. J’ai maintenant hâte de démarrer les cours maman + bébé avec mon mini tant je suis nostalgique de ces beaux moments!

 

 

 

Avez vous pratiqué le yoga prénatal ? Si oui, avec vous ressenti des bienfaits sur le déroulement de la grossesse et l’accouchement ?

Maternité, Voyages & Adresses

Voyager sereinement tout au long de la grossesse

27 October 2016

 

 

En matière de voyage pendant la grossesse on a tendance à entendre tout et surtout son contraire : il est inconscient de voyager en étant enceinte, il n’est pas nécessaire de prendre plus de précautions que d’habitude ou le fameux “les secousses en voiture provoquent des accouchements précoces”.

J’ai voyagé du premier jour de ma grossesse (ou presque) jusqu’au 7e mois, au Royaume-Uni, France, Italie, Danemark, et sur l’île de Lanzarote.

9 mois sans escapades n’aurait pas été envisageable, à moins de complications médicales. Vivre ma grossesse dans plusieurs pays a toujours été une envie forte, pour avoir des souvenirs dans plusieurs partie du globe, mais aussi apprécier ces derniers mois à deux dans une bulle.

Mon premier conseil serait de voyager si uniquement vous êtes à l’aise et sereine. Si faire des valises, découvrir des endroits inconnus, ou ne pas être proche de votre sage-femme vous angoisse, mieux vaut s’écouter plutôt que de vivre une situation de stress.

Cette année par exemple, il a fallu éviter Zika dans la majeure partie des pays chauds, ce qui a réduit drastiquement les destinations possibles. Renseignez vous sur les conditions sanitaires et virus, la santé de votre bébé est prioritaire sur use envie d’évasion.

La grossesse doit être un moment aussi zen que possible, où le lâcher prise est indispensable. Certaines femmes préfèrent rester à la maison ou s’entourer de choses familières et d’autres vivre cette expérience différemment. Il n’y a aucune règle, si ce n’est avant tout de s’écouter.

 

La trousse de secours 

Avant le départ, pensez à préparer une trousse ” de secours ” pour affronter tous les imprévus

  • mélange homéopathique anti-nausées (à valider avec sa sage-femme)
  • des bas de contentions
  • bracelet anti-nausées (exemple avec un modèle en mousse)
  • des fleurs de Bach Rescue pour calmer les petites angoisses
  • une gourde
  • un gel nettoyant sans eau
  • un foulard pour éviter de tomber malade avec la climatisation
  • un veinotonique naturel (à valider avec sa sage-femme)
  • une lotion anti jambes-lourdes

 

En avion

Les voyages sont recommandés surtout pendant le deuxième trimestre. Par sécurité, il est rassurant de pas s’éloigner de sa sage femme le premier trimestre, mais aussi si vous êtes sujettes aux nausées. Demandez toujours l’avis de votre sage-femme / gynécologue, je n’ai dans mon cas jamais eu d’interdictions.

Les voyages pendant le deuxième trimestre sont souvent plus agréables, après la première échographie par exemple, et avant que le ventre deviennent trop encombrant. J’ai pris l’avion une dizaine de fois de 45min à 4H30, en respectant plusieurs règles :

  • porter des bas de contention (si vous ne résidez pas en France où les bas sont remboursés, Scholl fait des bas de contentions très confortables et discrets)
  • bien s’hydrater avant, pendant et après le vol
  • porter des vêtements amples (éviter tout ce qui peut serrer le ventre, ou les chevilles)
  • manger léger et idéalement de la nourriture faite maison (salade, quinoa, fruits…)
  • idéalement réserver une place avec une place plus large pour les jambes et un embarquement prioritaire
  • marcher régulièrement (toutes les 30 minutes) dans l’avion
  • prendre éventuellement un veinotonique

L’avion reste un moyen très confortable de voyager jusqu’au 7 mois, ensuite le dos et le ventre deviennent plus sensibles pour supporter plus de 1H30 de vol. Affronter seule l’enregistrement, le bagage, les escaliers et les transports peut vite devenir éprouvant.

Si vous voyagez pendant le 3e trimestre pensez contacter votre compagnie, car certaines acceptent des femmes enceintes à bord jusqu’à la 36e semaines, d’autres réclament un certificat de votre médecin pour vous accepter à bord.

Par sécurité j’ai voyagé avec un certificat dès le 6e mois, pour éviter tout blocage éventuel. Et ne paniquez pas pendant le décollage et l’atterrissage (même un peu mouvementé), bébé est bien au chaud et protégé.

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En bateau 

Si comme moi, un tour sur les iles de Capri et Ischia vous intéresse, il va falloir vous préparer à voyager en ferry de plus d’une heure. Même si les nausées du premier trimestre sont un lointain souvenir, attention au bateau, ses mouvements et odeurs d’essence qui pourraient vous rendre malade.

J’ai expérimenté une première traversée de 45 min, sans aucun soucis, la mer était calme, et j’avais choisi une place en plein air à l’étage. Aucune nausée, ni angoisse particulière. 2e expérience pour me rendre à Ischia, avec une traversée plus longue -, un jour de mer agitée, avec la fausse bonne idée de voyager à l’intérieur. Résultat ? Des nausées, et un moment particulièrement désagréable.

Mon conseil : emportez toujours avec vous un bracelet d’acupuncture anti-nausées, qui soulage efficacement ce genre de situation. Sans bracelet ? placez votre index et votre majeur sur votre poignet sous la pliure, le point qui soulage les nausées se trouve à la place de l’index. Appuyez fort votre pouce sur ce point pour faire passer la nausée.

Au retour, j’ai choisi de voyager en plein air pour éviter la chaleur et les odeurs d’essence, et la traversée s’est beaucoup mieux passé. Pensez idéalement à ne pas voyager enfermée, quand la mer est trop agitée et si possible sans avoir le ventre trop plein.

 

En voiture

Beaucoup de femmes conduisent jusqu’au jour de l’accouchement sans aucun problème. Mais une vieille légende continue d’effrayer les femmes enceintes : les secousses provoqueraient un accouchement prématuré.

J’ai posé la question à ma sage-femme qui m’a expliqué qu’à moins de faire un rallye à 8 mois de grossesse, dans une voiture dotée de mauvaises suspensions, il n’existait aucune contre indication.

Pensez simplement à bien étendre vos jambes, placer la ceinture sous la ventre, et surtout faire des pauses régulières pour marcher et bien s’hydrater. Si vous êtes sujettes aux nausées, le bracelet d’acupuncture peut être efficace, ou un mélange homéopathique.

 

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En train

Le train est le moyen le plus confortable de voyager quand on est enceinte : aucun soucis de pression, il est facile de se déplacer pour marcher régulièrement, et les places sont souvent plus spacieuses que dans un avion. Le seul soucis ? Les autres, ou plutôt leur pique-nique si vous êtes sujettes aux nausées. Pensez à avoir un anti-nausées en cas de voisin indélicat (en Angleterre, le curry, les burgers et la manucure sont très courants dans le train).

 

 

Et sur place ? On adopte l’attitude “slow” 

Et sur place, on se détend ! Enceinte, marcher 10 heures sans pause est techniquement impossible et surtout déconseillé.

Si vous optez pour un city-trip (j’ai parcouru Copenhague à pieds pendant 3 jours à 6 mois de grossesse), alors pensez à faire des pauses régulièrement, sur un banc pour admirer le paysage, mais aussi pour prendre un thé, un gouter… Toutes les excuses sont bonnes! Le soir, un bon bain de pieds à l’eau froide et un massage avec une huile anti jambes lourdes, et vous serez comme neuve!

Il faut aussi accepter d’écouter son corps : à Sorrento j’ai souvent payé l’ascenseur qui menait au port au lieu de crapahuter les marches, à Copenhague j’ai diné plus tôt et apprécié un film à l’hôtel au lieu d’un dernier verre dehors, à Lanzarote le programme était exclusivement basé sur le repos avec de longues siestes l’après midi entre 2 baignades.

Profitez, prenez soin de vous, avoir un enfant ne rime pas avec arrêt des voyages! La grossesse est peut-être le moment de voyager autrement, en adoptant un mode de vie plus “slow”. Vous avez prévu un voyage à New-York ou Tokyo ? Repérez des quartiers incontournables quitte à faire l’impasse sur le city-tour de 12h par jour.

Explorez les cafés, les parcs, et pourquoi pas une petite sieste en fin de journée à l’hotel avant le diner ? Un massage ou un spa peut être une activité géniale pour prendre le temps de se relaxer tout en découvrant une autre facette de la ville.

Choisissez des restaurants conseillés par des guides, blogueurs ou internautes (Yelp), et évitez tout endroit qui vous semblerait douteux. Consommez idéalement de l’eau en bouteille et lavez bien les fruits et légumes avant de les consommer.

Pensez à avoir une liste des hôpitaux sur place, et si besoin le contact d’un médecin parlant français ou anglais (voir sur les sites des ambassades).

Voyager en étant enceinte marquera des souvenirs magique dans votre esprit : les premiers coups de bébé par exemple, mais aussi de belles histoires à raconter à son enfant dans quelques années.

 

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Vous avez des questions ou des conseils pour voyager sereinement tout au long de la grossesse ? N’hésiter pas à les partager en commentaires!