Maternité

Foutez la paix aux futures et jeunes mères

18 April 2017

 

La maternité change l’image et l’attitude des gens autour de vous. A peine devenue mère, que le monde entier décide soudainement de vous donner un avis sur tout. La manière dont vous devez éduquer votre enfant, si il est mieux de retourner travailler ou non, et quand, ou comment retrouver un corps parfait après l’accouchement.

Etre mère a renforcé mes convictions féministes et surtout l’envie de combattre contre ces injonctions permanentes à la perfection.

Ca commence avant l’accouchement, avec ceux et celles qui distribuent les bons points :

  •  +1 pour celle qui décide d’une expérience sans médicaments
  • – 1 pour la péridurale
  • – 2 pour la césarienne programmée

Alors qu’en réalité, il est pratiquement impossible de suivre un plan d’accouchement. On peut se renseigner, oui, espérer, mais prévoir et maitriser votre corps, votre enfant, et un nombre élevé de variables est impossible. Il y a des femmes terrorisées à l’idée d’accoucher et d’autres qui subissent une grossesse difficile, c’est déjà assez complexe à gérer pour en plus les culpabiliser.

J’ai pleuré de joie en recevant un masque de gaz hilarant puis une péridurale après presque 20 heures de travail dans des conditions moyennement confortables. Et on me sortait encore “Vous êtes forte, continuez sans médicaments, un accouchement naturel est meilleur pour votre enfant”.

J’aurais adoré un bain, des bougies, des huiles essentielles, un massage, et un accouchement rapide, mais il n’en était rien. Accoucher ce n’est pas “accepter la douleur qui nous guide” c’est surtout faire de son mieux et gérer une situation complètement imprévisible. Et je tire mon chapeau à toutes les femmes qui ont eu un enfant, peu importe la manière, le nombre d’heures ou le niveau d’opiacés, vous êtes géniales.

Ensuite, on vous juge rapidement sur l’allaitement ou le biberon. “Comment ça tu ne souhaites pas créer de connexion avec ton enfant et lui offrir le meilleur? Et en plus ça aide à maigrir”. En anglais, j’ai eu le droit à un “What a shame” il y a quelques jours, ça résume la situation.

A quel moment faudrait il  justifier de ce que l’on souhaite faire de notre corps. Il y a celles qui veulent, celles qui ne veulent pas et celles qui ne peuvent pas. Mais surtout celles qui décident de tenter l’expérience ou non, selon leur ressenti. Il faudrait expliquer entre un café et un gâteau, le rapport que l’on entretient avec ses seins. Un peu comme quand on vous pose la question “Alors les enfants, c’est pour bientôt ?”.

Notre utérus, notre poitrine, et surtout l’appropriation de notre corps : pas de débat, point.

Le corps des femmes subit une série d’appels à la culpabilisation depuis la petite enfance. Il faut se cacher la poitrine c’est indécent, les règles c’est sale et ça ne sent pas bon, les cystites c’est parce que l’on a une mauvaise hygiène, l’appareil reproducteur doit être forcément utilisé car toutes les femmes veulent des enfants… Et la liste est longue.

 

Alors, une fois que l’on a vécu une grossesse, un accouchement et un post partum, il faut en plus nous dicter la suite. Parlons du corps post partum : en publiant cet article, sans tabou, et j’ai eu la surprise de voir que toutes les femmes passaient par les mêmes étapes. Mais encore une fois, on préfère nous abreuver d’images édulcorées de femmes, qui elles ne connaissent pas le post partum (ca existe?), et de body challenge “j’ai retrouvé un corps et des abdos 6 packs” plutôt que de nous accompagner dans un moment charnière de la vie.

Faire un compliment à une femme qui vient d’accoucher revient à lui dire “On dirait que n’a pas été enceinte, c’est fou.” En quoi avoir un petit (ou gros) bidon, du gras, et moins de muscles serait il honteux ? Ce corps là a donné la vie, et chaque métabolisme réagit différemment, certaines perdent du poids plus ou moins vite, et surtout personne ne devrait changer de corps pour suivre une nouvelle mode, Kate Moss il y a 10 ans et Kim Kardashian en ce moment.

Etre enceinte, c’est schématiquement voir son corps changer sans en avoir le contrôle, accoucher, et essayer de retrouver sa silhouette d’avant. C’est compliqué, c’est long, parfois l’enveloppe revient vite et l’interne ne suit pas, parfois le contraire et parfois on se retrouve une ligne parfaite rapidement sans efforts, aucune règle. Mais c’est une nouvelle épreuve pour les femmes qui ne se reconnaissent pas toujours, et subissent des injonctions telles que le body bikini pour cet été, une nouvelle body détox, ou la photo de l’inconnue Instagram qui nous montre que “quand on veut on peut”.

Alors non, vous ne trouverez jamais d’articles ici sur comment retrouver la ligne après l’accouchement. Par contre, comment se sentir mieux dans un corps (mou) et une tête (fragile) après 9 mois de grossesse, ça mériterait d’oser en parler.

Donc une fois la grossesse, l’accouchement, et les premiers jours passés, il va falloir dealer avec les remarques de votre voisin, votre collègue ou votre famille.

Option 1 : Vous retournez travailler rapidement ? Carriériste sans âme.  

Option 2 : Vous décidez de vous consacrer à vos enfants ? Feignasse. 

J’ai choisi la première option, je suis l’archétype de la carriériste sans âme aux yeux de beaucoup. En réalité, je suis retournée au travail après 4 mois et demi de congé parental, et mon mari a enchaîné un mois avec notre fils ensuite. J’ai eu la chance d’être majoritairement entourée de mères bienveillantes qui connaissait la situation pour avoir 1, 2 voir 3 enfants.

J’ai eu un enfant à 30 ans, dans un pays sans système social solide, à un moment où ma carrière professionnelle prenait un tournant que je ne voulais pas rater. J’ai toujours souhaité concilier ma vie professionnelle et ma famille, sachant que la balance pèsera toujours du côté de mon enfant, comme 99% des parents. 2 parents, 2 boulots à plein temps (et un blog), et un enfant gardé 3 jours par semaine. Je vous laisse imaginer notre gymnastique quotidienne, mais ça marche, et tout le monde s’épanoui, même si je rêve d’une journée me-time parfois.

J’ai appris à vouer un respect inconditionnel pour ma nounou, qui m’accueille toujours avec un sourire, me conseille, me soutient. On peut oser dire que non, les parents ne peuvent pas répondre à 100% des besoins d’un enfant, ça s’appelle le lâcher prise. Les nounous, crèches and co, font un travail formidable pour assurer le relai dans l’éducation de nos enfants, les aider à se développer et s’épanouir.

Alors là encore, pourquoi culpabiliser les mères? Qui n’a pas chouiné le premier jour en laissant son enfant ? Qui n’a pas eu l’oeil mouillé la première semaine en regardant la photo de son gamin pendant une réunion ? Et puis il faut l’avouer, on s’y fait très bien.

Je suis tombée sur des articles et textes improbables : je ne souhaite laisser mon enfant dans la nature, dans la jungle des enfants en collectivité, ou pire rater les premiers moments de sa vie. Je vous passe la tirade sur “Il vaut mieux faire quelques sacrifices que de laisser l’éducation de son bébé à une inconnue”.

Ou le contraire : choisir de rester à la maison c’est être feignante, entretenue, et peureuse de laisser son enfant à une autre. Je vais être honnête, je serais incapable d’être un parent à la maison, et je respecte vraiment les femmes qui gèrent un ou une ribambelle de mouflets toute la semaine. Non, un parent à la maison ne se fait pas les ongles pendant les siestes, il y a machines à laver, les pleurs, les bobos, les sorties au parc, les activités…

Et encore une fois : foutez nous la paix.  Votre choix est peut être assumé, ou subi, mais correspond et s’applique à votre famille, à un instant T, et surtout : rien n’est immuable. Personne ne connait les aspects financiers, affectifs, ou logistiques derrière une telle décision, et je ne comprend pas comment on peut en venir à juger tout cela.

On oublie aussi le maitre mot : l’épanouissement. On devrait applaudir les gens qui s’épanouissent, peu importe si cela demande de jongler avec un travail et une nounou, changer de carrière, ou de se consacrer à sa famille.

 

Alors, entre nous, essayons de lâcher un peu de lest, et abandonnons le concours de la mère parfaite. Vous avez un tips pour un bon anti cernes ? Partagez. Un conseil pour que votre enfant s’endorme plus vite ? C’est précieux. Mais par pitié, brisons ces codes archaïques de la mère courage qui n’est que sacrifice depuis le jour de la fécondation. Je vous rabâche encore les oreilles avec la bienveillance, mais être parent ne devrait pas être une compétition.

Mes parents m’ont donné un conseil quand je suis tombée enceinte : tu feras du mieux que tu peux, mais ça ne sera jamais assez. Et je crois que cela résume bien ma vision de la parentalité : essayer de tout faire pour que tout ce petit monde soit heureux. Et ça ne sera jamais magique, et il y aura surement de belles plantades, mais c’est ça la vie, et on ne devrait pas chercher à mettre une couche de laque là dessus, jamais.

 

Voilà un coup de gueule de qui fait du bien.

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18 Comments

  • Reply Marie Benard 18 April 2017 at 18 h 02 min

    Merci pour ce bel et authentique article (qui vient de loin de ton coeur, ça se ressent). Ca m’a beaucoup touchée, j’en suis toute retournée. Alors merci au nom d’une maman qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle est …

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 22 min

      Merci ton commentaire me touche beaucoup. Tu fais déjà beaucoup et très bien 🙂

  • Reply Ingrid 18 April 2017 at 20 h 42 min

    Je suis tellement reconnaissante de lire ton article aujourd’hui. Maman d’un petit garçon de 2 ans, je me suis tout à fait reconnue dans tes propos….avec les larmes aux yeux et une boule au ventre aussi, par moments.
    Ce que je dis tout le temps : et la bienveillance, bordel??
    Ce besoin qu’ont certaines mères d’avoir la certitude de faire les choses mieux que la voisine, c’est épuisant. Il n’y a pas de bon choix, ou de mauvais choix; pas de short-cut pour être une bonne mère. Il n’y a que des femmes qui se lèvent le matin et font de leur mieux, jour après jour, en suivant leurs émotions et leurs convictions, en faisant comme elles veulent ou parfois comme elles peuvent.
    Alors merci. Vraiment.

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 23 min

      Merci Ingrid!
      On manque cruellement de bienveillance, et tu as bien résumé les choses : pas de short cuts pour être une bonne mère 🙂
      xxxx

  • Reply Sandra 19 April 2017 at 7 h 06 min

    Merci pour ce discours! Je ne suis pas maman, mais ça fait tellement de bien d’entendre (enfin) des paroles censées, réfléchies et bienveillantes!
    J’ai une belle mère qui a des idées très arrêtées et très archaïques sur les enfants, la famille, le couple… quand je vois ce qu’elle peut dire des fois et l’étroitesse de son esprit, ça me révolte mais ça m’angoisse également à l’idée qu’un jour je vais devoir lui faire face!
    Alors quand je lis un message comme le tien, eh bien ça donne du courage!
    Merci.

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 24 min

      Merci Sandra!
      Quand tu envisages (même hypothétiquement dans un futur lointain) la réaction des autres te donne presque envie de faire demi tour. Mais non, être parent c’est aussi trouver une force incroyable de s’affirmer et dire merde au monde. Tu l’auras aussi!
      xxxx

  • Reply Mumtwokids 19 April 2017 at 8 h 04 min

    Et bien pour un coup de gueule, c’est un sacré coup de gueule ! Chacun est libre de faire comme il l’entend tant pour l’accouchement, l’allaitement ou le biberon et le travail. Je n’ai pas allaité mes enfants, par choix tout simplement et ça ne regarde que ma famille…j’ai quand même entendu “mais tu ne le nourris pas ?!” Mais sinon tu sais que le biberon c’est de la nourriture non ? bref je ne fais jamais de réflexion sur les choix en matière de maternité car je m’efforce de ne pas faire aux autres ce que je n’aime pas qu’on me fasse….bravo pour ton coup de gueule que je partage entièrement !!!

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 26 min

      Le coup de gueule qui soulage!
      Pareil, je ne fais pas de réflexion car j’estime ne pas être légitime pour en faire. Un conseil si on me demande (et encore je suis pas encore rodée)…
      C’est mi-drôle le coup de la nourriture, mais ça ne m’étonne pas 🙂
      xxxx

  • Reply Sarah Ymum 19 April 2017 at 10 h 25 min

    Très bel article, qui fait du bien, un discours comme on en tient peu… Merci.

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 26 min

      Merci beaucoup pour tes mots par ici sur sur IG!

  • Reply Anne-Charlotte 19 April 2017 at 11 h 39 min

    Super article qui fait beaucoup beaucoup de bien! Mon bébé n’est même pas la qu’on m’a déjà demandé un milliard de fois si j’allais allaiter, quand j’allais mettre mon bébé à la crèche. Récemment on m’a aussi demandé l’intérêt de faire une préparation en hypnobirthing si c’était pour pouvoir considérer de demander la péridurale si j’avais trop mal (je croyais que tu voulais faire les choses au naturel, c’est pas ce que tu prônes sur ton blog?). Je ne sais pas quelle mère je serai. Bien sûr, j’ai une idée de si je veux ou non allaiter, de si je veux mettre ou non mon bébé à la crèche, mais je n’ai aucune certitude. Je laisserai la vie et mon enfant me guider le moment venu. En attendant, je prends les “bons” conseils avec du recul en me disant que l’important c’est surtout qu’on soit sur la même longueur d’onde avec mon chéri.

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 28 min

      C’est drôle de demander aux autres d’avoir des avis super tranchés. Surtout sur un accouchement, c’est impossible. On m’a fait la même remarque sur la péridurale, parce que je fais du yoga que je suis vegan, je suis apte à encaisser la douleur sans broncher. Je cherche encore la logique… Et pour le reste, ça ne regarde que ton mari et toi. A croire que ça les rassurent dans leur choix ?
      Tu seras une super maman, peu importe ce que tu choisis! 🙂

  • Reply Catherine 19 April 2017 at 13 h 22 min

    Encore une fois, je retrouve tout de meme beaucoup de mentalite francaise vs anglaise. Comme je te l’avais dit dans mon commentaire sur la social mum, c’est tres anglais tout ca le “pas de peridurale, l’accouchement naturel c’est mieux” ( alors que ca me met en rogne parce que c’est pas que c’est mieux c’est que ca coute moins au NHS!),” l’allaitement c’est mieux “, bien que celle la soit pareil en France avec les gens pro allaitement. Pour qui est-ce mieux? La maman qui souffre deja de l’apres accouchement et qui redoute chaque tetee alors que comme tu l’avais dit a juste titre elle se sent comme si on lui etait passe dessus avec un camion? C’est ca les joies de l’allaitement? On oublie de dire que ca fait mal ect ect. On m’avait arrete dans la queue du Lidl pour me demander si j’allaitais et comme je faisais l’allaitement mixte je me suis sentie obligee de me justifier et la dame a conclu la conversation avec un “l’allaitement c’est beaucoup mieux, beaucoup mieux”. De quoi je me mele? Et puis a l’inverse, j’ai deja entendu une midwife dire que c’etait tres francais de vouloir la peridurale tout de suite. Alors tu vois des generalisations y en a des deux cote de la manche haha. Comme tu le dis, c’est notre corps, c’est notre decision. Une amie m’avait dit “mieux vaut donner un biberon dans la joie que d’allaiter dans la douleur”. Ca devrait etre une question de choix et non de pression de la societe.
    Le travail c’est pareil, on m’avait dit “oh non, tu ne veux pas que ton enfant soit eleve par des etrangers!”(sous entendu une personne quelqu’un d’autre que moi parce qu’ils sont aussi pas mal anti etrangers dans certaines parties de l’angleterre). Mais et si moi ca ne me plait pas de rester avec mon enfant 24h/24, dire adieu a mon travail ect on me juge et je le sais. Et pourtant, je travaille a mi-temps, perso ca me convient tout a fait pour l’instant, j’ai l’impression que mon equilibre famille travail est presque parfait et quand a ma petite puce, je sais qu’elle s’epanouie a la creche et qu’elle y apprend des choses que toute seule, je ne pourrais lui apprendre. Je trouve ca aussi formidable qu’elle apprenne ainsi si tot a jouer avec les autres, a partager et ecouter quelqu’un d’autre que maman et papa.
    On m’avait dit un jour “on fait pas de son mieux, on fait du moins pire qu’on le peut”. Lorsqu’on devient maman, beaucoup de choses change et cela prend du temps de re-trouver son equilibre.
    Ta nounou oui c’est effectivement essentiel qu’il y ai une confiance a 100% parce que ca devient presque un travail d’equipe d’elever un pti bout de chou. Y a les parents, parfois les grands parents ( quand ils sont a proximite), les autres freres et soeurs eventuels et cette ou ces personnes que sont les nounous, les key person de la creche, les instit ect.
    En bref, on aura toujours quelqu’un pour nous juger et d’autant plus quand on est pas natif du pays, en tout cas c’est ainsi que je le ressens. Mais c’est a nous de suivre notre propre chemin
    ps : je n’ai pas de tip pour les anti-cernes desole lol!

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 33 min

      On sent beaucoup les différences culturelles, je suis bien d’accord. Pour le coup de la péridurale, on a tenté de me dissuader jusqu’au bout. Après 17 heures à morfler (il m’en restait 17 autres…), j’ai eu le droit au “oh, il n’y a plus de places au labour ward, tentez donc sans”.
      Alors, ça les arrange, c’est moins cher, c’est …. notre choix.
      Pour l’allaitement, j’étais la seule à ne pas envisager la chose sur un groupe de 10 personnes à l’hôpital, mais je ne me suis pas démontée, c’était un avant gout de la suite 🙂
      Mais, oui en France tu dois vite reprendre le boulot, ici t’arrêter un an. Chacune choisi son rythme, et s’adapte aussi… J’aime avoir mon travail, passer du temps avec mon fils, faire autre chose qu’être une maman, m’occuper de mon blog. Mais non, ce “unusual” comme on me dit ici.
      La seule solution ? S’affirmer et s’imposer 🙂

  • Reply Smooth 19 April 2017 at 13 h 24 min

    Très bien dit !
    Merci pour ces partages, perso après la naissance de ma fille j’avais un peu délaissé mon blog et j’écrivais peu, mais ce que tu écris ici sur le post-grossesse me rappelle ces choses que j’ai pensées et vécues et je suis bien contente que tu les poses ici. Un autre aspect : quelle que soit la durée de ton arrêt, ce sera trop pour certains et pas assez pour d’autres. Tu es restée 4 mois et demi avec ton gamin ? Pas assez pour les gens qui prônent un an d’arrêt, et déjà bien trop pour ton chef qui t’attend de pied ferme. Idem pour l’allaitement, si tu décides d’allaiter : passé 8 semaines, la famille commence à te dire “mais euh t’arrêtes quand ?” tandis que d’autres vont te juger car tu n’as allaité “que” 5 mois.
    De manière générale, j’ai un mal fou avec les idées tranchées et toutes faites, les convictions qui ne souffrent aucune personnalisation et je trouve que la maternité est un sujet sur lequel cette tendance est extrêmement marquée. Continuer à faire comme on le sent sans entrer dans un moule et en ne tenant pas compte des jugements permet de casser un peu ces cases dans lesquelles on veut nous faire rentrer.
    (je me suis enflammée, helloooo le commentaire à rallonge).
    PS : en fait j’avais un peu écrit, et notamment sur un autre sujet sur lequel les gens autour de moi s’en donnaient à cœur joie : comment endormir son enfant ?! http://smootheries.fr/des-bras-du-sommeil-et-du-bebe/

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 37 min

      Merci <3
      J'ai lu ton article et touuuuuuus les commentaires, c'était super drôle et instructif. Je me rend compte qu'à 9 kilos et 5 mois, la personne aime encore se réveiller la nuit pour se siffler un bib. Du coup on a commencé la diversification, il est content. Reste encore à le faire dormir ailleurs qu'au milieu de nous (regard satisfait du petit didcateur).
      Mais je suis d'accord avec toi, c'est toujours trop ou pas assez, et la maternité est vraiment un sujet sur lequel il faut apprendre à s'imposer. C'est un univers très codifié et les médias, et blogueuses n'aident pas. Et encore, on a la maison des maternelles qui déculpabilise et qui est super suivie.
      Oui, on est mères mais avec des projets, des envies, des rêves, et oui, il est possible de concilier les choses (en dormant moins, ok.).

  • Reply Camomille 19 April 2017 at 18 h 51 min

    N’étant pas mère je n’ai pas d’expérience personnelle à partager en réponse à ton article, mais en tant que féministe convaincue et pour avoir observé plus ou moins ce dont tu parles via les femmes devenues mères ces dernières années autour de moi, j’approuve à 100%!! Les injonctions envers les femmes sont terribles, et dans la maternité encore plus dures à supporter j’imagine! Alors même si je ne suis pas encore directement concernée par tout cela, je te remercie pour cet article!

    • Reply biobeaubon 25 April 2017 at 20 h 40 min

      Merci Camomille!
      Sans être mère, on peut observer partout autour de nous les injonctions qui pèsent sur nous. C’est juste une extension de ce que l’on vit en étant nullipare finalement…
      Moi qui n’avait pas grandi dans un univers misogyne, complètement le contraire, ça a été la douche froide.
      Ca mérite de continuer à s’affirmer, encore et encore!
      xxx

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